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Euskara munduko hizkuntzalaritza aldizkarietan (58)

Lengas. Revue de sociolinguistique aldizkariak 86 zenbakian (2019) XVI. mendeko euskal liburuei buruzko artikulu luze bat argitaratu du:

Hauxe da artikuluaren laburpena:

Les auteurs de l’article, contrairement au point de vue habituellement adopté par l’historiographie textuelle et littéraire du domaine basque, basent leurs réflexions sur les divers processus de grammatisation à l’oeuvre dans les premiers ouvrages et fragments en langue basque imprimés au XVIème siècle en décloisonnant et reliant, sur une même ligne diachronique, des mouvements habituellement séparés par la critique spécialisée. Il s’agit ici de tenir compte de la genèse ayant mené à l’acte d’impression du Linguae Vasconum Primitiae (LVP) (« Prémices de la langue des Basques »), « petit traité » (« petit tract ») imprimé en langue basque chez Morpain à Bordeaux en 1545 dédié par l’auteur Bernard Etxepare (Echepare ou Dechepare) originaire de la Navarre de Ultrapuertos à son ami Bernard de Lehet (ou Lahet) avocat du roi François Ier au Parlement de Bordeaux; du Iesvs Christ Gvre Iavnaren Testamentv Berria (« Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus Christ ») et des deux opuscules ABC et Kalendrera, traduits en basque par le pasteur Joanes Leizarraga (Liçarrague) et son équipe qui seront imprimés en 1571 chez Haultin à La Rochelle, bastion du protestantisme, selon les voeux de la souveraine du Béarn et reine de Navarre Jeanne d’Albret. S’ajoute également à cette réflexion l’opuscule anonyme Refranes y Sentencias (RS) imprimé à Pampelune en 1596. La question de la grammatisation est posée aussi pour les fragments en langue basque figurant dans le Pantagruel et le Gargantua de Rabelais dans les éditions imprimées par François Juste à Lyon en 1542. Les « illustrations » qui figurent dans l’article ont pour fonction d’enrichir la réflexion en convoquant « le regard graphique » apporté par l’imprimé (Tory etc.).
L’article commence par dresser un état des lieux sur les travaux critiques qui se rapportent au LVP en offrant un nouveau point de vue centré sur la matérialité du livre, la péritextualité éditoriale, la grammatisation qui a pu être préalablement mise en place notamment au niveau de l’imprimerie dans le contexte humaniste bordelais dévoilé par « l’archéologie du livre ». En §1, l’orthotypographie et l’analyse lexicale de l’Épitre dédicatoire ainsi que des composition poétiques comme Contrapas (« Contrepas ») et Sautrela («  Sauterelle » ou « Saltarel ») dévoilent l’émergence d’un projet linguistique « d’illustration et de défense » de la langue basque, d’ailleurs bien mis en évidence dans la péritextualité éditoriale par le terme « tract » du Collophon en français, terme qu’il convient de mettre en relation avec les divers projets de grammatisation des langues vulgaires et plus particulièrement avec ceux du français, seule langue citée dans l’ouvrage (cf. l’emprunt du caractère typographique < ç >). Par ailleurs, la reliure du LVP portant les armes de Louis Ier de Bourbon Condé sur les deux à-plats ainsi que la « fermesse » de Jeanne d’Albret sur le dos, renvoient à un lien bibliographique avec la souveraineté du Béarn et le royaume de Navarre remontant au moins à 1564 date à laquelle apparaît le signe du « S fermé » (Chareyre). En §2 les auteurs évoquent le contexte politique (répression du livre, guerres de religion) au sein duquel intervient la traduction en basque du Nouveau Testament (NT) ou Testamentv Berria (TB). L’impression de la traduction en basque du NT se fait en effet après la fin de la troisième guerre de religion qui a vu l’assassinat en 1569 à Jarnac du calviniste et beau-frère de la reine Jeanne, Louis Ier de Bourbon Condé. Les interrogations au sujet de l’hypotexte du NT traduit en basque, sa praxis ainsi que ses objectifs sont mentionnés dans l’article. Il y est rappelé aussi que grammatisation ne signifie pas unification de la langue. Enfin, en §2.6 et §2.7 certaines options graphiques sont mises en relation avec les théories de grammairiens et imprimeurs protestants, choix typographique du < k > et biunivocité dans les sifflantes fricatives et affriquées, de même que l’accent en syllabe finale que Leizarraga a pris à Estienne ainsi qu’à d’autres auteurs protestants français (§2.8). En §3, les auteurs abordent certains aspects de la grammatisation de Refranes y Sentencias : parallèles établis avec l’historiographe Garibay et d’autres témoignages anciens ; matérialité ; direction de la traduction (basque→espagnol); graphies très marquées dans le cadre de la tradition textuelle basque (< hu- > ainsi que celles de la sifflante affriquée apicale) davantage en relation avec la tradition française ou flamande qu’avec l’hispanique ; visée didactique orientée sur l’apprentissage des langues (en particulier du basque) via une structure singulière « avec des nombres sur chaque mot ». L’identité de l’imprimeur de RS sera également questionnée et il apparaîtra que le véritable imprimeur de RS était en réalité Mathias Mares et non Pedro Porralis. La recherche de l’hypotexte de RS est l’occasion de présenter une nouvelle approche fondée sur l’analyse du dialecte basque de RS (zone de Bilbao) et de la marque typographique « A LA FONTAINE ET BOIRE » de Mares, qui renvoie aux Écritures et notamment à Apocalypse 21-6. En conclusion (§4), il apparaît que les impressions en langue vernaculaire (ici le basque) nécessitent au préalable l’établissement d’un outillage linguistique, d’une grammatisation qui rendent possible « l’illustration » d’une langue. Le LVP, le NT traduit en basque, les RS sont mis en livre dans des ateliers d’imprimeur dans un contexte historique et politique précis, au sein d’un continuum complexe en constante évolution et non ex-nihilo.

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